Les commandes sur le site internet sont suspendues jusqu'au : 30/04/2021

Jean Genet, l'échappée belle (15 avril 2016-18 juillet 2016)

Il y a trente ans disparaissait Jean Genet, le plus flamboyant et le plus rebelle des écrivains du XXe siècle. A ce poète de la liberté et de l'ailleurs, qui commença son œuvre en prison et l'acheva sur les rives du Jourdain, le Mucem rend hommage par une exposition qui s'enracine dans ce territoire qu'il aimait plus que tout autre, la Méditerranée : point de fuite de l'Europe et ouverture sur l'Afrique et le Moyen-Orient. Pôle magnétique de sa trajectoire, la Méditerranée offre à Genet la chance d'une "échappée belle".
  • La Méditerranée est au coeur de l'existence de Jean Genet. Dès son enfance, il part, fugue, s'évade, s'engage dans l'armée, déserte et vagabonde. Ces errances clandestines nourrissent une large part de ses livres et sont prolongées, après sa sortie de prison et l'accès à la notoriété, par le voyage.
    Cet ouvrage, catalogue de l'exposition «Jean Genet, l'échappée belle» présentée au MuCEM, propose de retracer la vie de Jean Genet à travers trois oeuvres inscrites dans la géographie méridionale : Journal du voleur, Les Paravents et Un captif amoureux. Berceau des premières expériences et abri lumineux de la fin de sa vie, la Méditerranée est le pôle magnétique de sa trajectoire, celui auquel il revient obstinément.
    Grâce à des images d'archives, des photographies, des lettres et des extraits de ses manuscrits, cet ouvrage invite à suivre Genet au coeur de l'Espagne, de l'Algérie et du Moyen-Orient.

    En stock
    Période exceptionnelle : la commande des livres est suspendue
  • Les bonnes

    Jean Genet

    Genet nous avertit. Il ne faut pas prendre cette tragédie à la lettre : « C'est un conte, c'est-à-dire une forme de récit allégorique. » « Sacrées ou non, ces Bonnes sont des monstres. Elles ont vieilli, elles ont maigri dans la douceur de Madame. Elles crachent leurs rages. » Les domestiques sont des êtres humiliés dont la psychologie est pertubée. Austères dans leur robe noire et souliers noirs à talons plats, les bonnes ont pour univers la cuisine et son évier ou la chambre en soupente, dans la mansarde, meublée de deux lits de fer et d'une commode en pitchpin, avec le petit autel à la Sainte Vierge et la branche de buis bénit.
    Genet a réussi cette pièce, Les Bonnes, peut-être parce qu'il revivait, à l'intérieur de ses personnages, en l'écrivant, sa propre humiliation.

    Sur commande
  • Journal du voleur

    Jean Genet

    « Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c'est en vous qu'elle produit des remous. Elle vous démonte. Cette violence est un calme qui vous agite. On dit quelquefois : "Un gars qui a de la gueule." Les traits délicats de Pilorge étaient d'une violence extrême. Leur délicatesse était violence. »

    En stock
    Période exceptionnelle : la commande des livres est suspendue
  • Notre-Dame-des-Fleurs

    Jean Genet

    «Weidmann vous apparut dans une édition de cinq heures, la tête emmaillotée de bandelettes blanches, religieuse et encore aviateur blessé, tombé dans les seigles, un jour de septembre pareil à celui où fut connu le nom de Notre-Dame-des-Fleurs. Son beau visage multiplié par les linotypes s'abattit sur Paris et sur la France, au plus profond des villages perdus, dans les châteaux et les chaumières, révélant aux bourgeois attristés que leur vie quotidienne est frôlée d'assassins enchanteurs, élevés sournoisement jusqu'à leur sommeil qu'ils vont traverser, par quelque escalier d'office qui, complice pour eux, n'a pas grincé. Sous son image, éclataient d'aurore ses crimes : meurtre 1, meurtre 2, meurtre 3 et jusqu'à six, disaient sa gloire secrète et préparaient sa gloire future».
    Jean Genet.

    Sur commande
  • Si toute l'oeuvre de Jean Genet peut être qualifiée de «poétique», l'auteur de Notre-Dame-des-Fleurs et des Paravents n'a composé que quelques poèmes, tous écrits dans la première période créatrice de sa vie, entre 1942 et 1947.

    C'est en prison, provoqué par des camarades de cellule qui s'essayaient à imaginer de médiocres pièces sentimentales, que Genet rédigea les strophes du Condamné à mort et la dédicace en prose à Maurice Pilorge. En prison aussi qu'il écrit Marche funèbre, La galère, La parade. Ces poèmes s'apparentent d'ailleurs à des chefs-d'oeuvre de prisonniers, dont la seule possibilité est de fabriquer des ex-votos ou de construire un bateau toutes voiles dehors dans une bouteille.
    Une différence majeure s'impose pourtant, qui tient à l'époustouflante maîtrise de Genet quant au maniement de la langue et à la faculté qu'il semble avoir de versifier comme en se jouant. Le voyou entend, et il l'a souvent proclamé, user de tout l'attirail classique et de toutes les séductions afférentes, afin d'en pervertir plus radicalement les valeurs et les pompes. La grâce qui hante les poèmes de Genet est celle d'un ange qui s'est volontairement dévoyé. D'où le charme trouble et violent, la fascination séditieuse et irrécupérable qui émanent de ces pages.

    Cette édition des poèmes de Jean Genet inclut Le funambule, magnifique texte, véritable poème en prose, qui trouve ici sa place, comme en point d'orgue de l'oeuvre poétique donnée dans son entier.

    Sur commande
  • " avant d'y arriver, je savais que ma présence au bord du jourdain, sur les bases palestiniennes, ne serait jamais clairement dite : j'avais accueilli cette révolte de la même façon qu'une oreille musicienne reconnaît la note juste.
    Souvent hors de la tente, je dormais sous les arbres, et je regardais la voie lactée très proche derrière les branches. en se déplaçant la nuit, sur l'herbe et sur les feuilles, les sentinelles en armes ne faisaient aucun bruit. leurs silhouettes voulaient se confondre avec les troncs d'arbres. elles écoutaient. ils, elles, les sentinelles.
    La voie lactée prenant sa source dans les lumières de galilée faisait une arche qui, me surplombant, surplombait aussi toute la vallée du jourdain et finissait, en s'éparpillant, sur le désert saoudien.
    Allongé dans une couverture, je participais à ce spectacle peut-être plus que les palestiniens dont le ciel était le lieu commun. [...] dans une tragédie de shakespeare des archers tirent des flèches contre le ciel et je n'aurais pas été surpris si des feddayin d'aplomb sur leurs jambes écartées, mais agacés par tant de beauté en forme d'arc s'arrachant à la terre d'israël, eussent visé et tiré des balles contre la voie lactée, la chine et les pays socialistes leur fournissant assez de munitions pour faire dégringoler la moitié du firmament.
    Tirer des balles contre les étoiles cependant qu'elles sortaient de leur propre berceau, la palestine ? "

    Sur commande
  • Miracle de la rose

    Jean Genet

    En quittant la santé pour fontevrault, je savais déjà qu'harcamone y attendait son exécution.
    A mon arrivée, je fus donc saisi par le mystère d'un de mes anciens camarades de mettray, qui avait su, notre aventure à nous tous, la pousser jusqu'à sa pointe la plus ténue : la mort sur l'échafaud qui est notre gloire.

    Sur commande
  • Essai sur l'oeuvre de l'écrivain Jean Genet. Ce dernier, tout au long de ses livres, analyse ce que signifie être un minoritaire. Il inventorie les mille et une manières qu'a imaginé l'ordre social pour imprimer la honte dans le coeur des gens qui ne sont pas comme les autres, et invite paradoxalement les déviants à revendiquer ce sentiment.

    En stock
    Période exceptionnelle : la commande des livres est suspendue
  • Le balcon

    Jean Genet

    Le " balcon " est un bordel de luxe où plusieurs personnages viennent assouvir leurs fantasmes, sadomasochistes en apparence, philosophiques en réalité.
    Sous la comédie érotique se cache un drame métaphysique, une réflexion sur la mort. " le véritable thème de la pièce, écrit genet, c'est l'illusion " : tout est faux. et, en même temps, tout est vrai : la mythologie du bordel exprime la puissance sexuelle, le débordement de la jouissance. le bordel offre à quelques médiocres une existence d'emprunt. dans cette pièce vertigineuse, où chaque scène que l'on croyait réelle devient à son tour illusoire, le balcon symbolise le théâtre même de genet où tout est langage et poésie.

    Sur commande
  • Les paravents

    Jean Genet

    La guerre vue par genet.
    En algérie, fellagas et légionnaires s'affrontent, pendant qu'autour d'eux s'agitent travailleurs arabes et colons. mais, dans la mort, tous se rejoignent, et les ennemis découvrent leurs ressemblances secrètes. " ceux qui vont sur la terre d'ici peu seront dedans. c'est les mêmes... "

    Sur commande
  • Le matelot Querelle, son frère Robert, le petit Gil Turko, Madame Lysiane, patronne de La Féria, Nono le tenancier, l'inspecteur Mario, tous les protagonistes du drame naissent pour Jean Genet du brouillard de Brest, du soleil qui dore faiblement ses façades, et de la mer semblable au mouvement intérieur très singulier qui anime l'écrivain. « L'idée de meurtre évoque souvent l'idée de mer, de marins. Mer et marins ne se présentent pas alors avec la précision d'une image, le meurtre plutôt fait en nous l'émotion déferler par vagues. » Réédité en tirage limité, le roman de Jean Genet est ici accompagné du DVD du film de Rainer Werner Fassbinder. Le chef de file du nouveau cinéma allemand compose un univers halluciné et dérangeant dans un Brest de bars et de bordels, pour une adaptation magistrale qui sera son dernier film.

  • Un soir, un comédien me demanda d'écrire une pièce qui serait jouée par des noirs.
    Mais, qu'est-ce que c'est donc un noir ? et d'abord, c'est de quelle couleur ?

    Sur commande
  • Articles, entretiens, préfaces ou discours, les textes des interventions de Genet, ici rassemblés, témoignent d'un paradoxe : celui qui fut l'écrivain le plus solitaire, le plus retranché de son temps fut aussi, durant les vingt dernières années de sa vie, l'un des plus présents sur la scène publique.
    De Chartres à Chicago, de la Goutte d'Or au camp de Chatila, des rives du Jourdain aux ghettos noirs d'Amérique, ce livre retrace l'aventure littéraire et politique, menée aux frontières de l'Occident, aux côtés des exclus du monde et des peuples en révolte, d'un poète qui n'a jamais revendiqué d'autre titre que celui de vagabond.

    Sur commande
  • Le balcon

    Jean Genet

    Le " balcon " est un bordel de luxe où plusieurs personnages viennent assouvir leurs fantasmes, sadomasochistes en apparence, philosophiques en réalité.
    Sous la comédie érotique se cache un drame métaphysique, une réflexion sur la mort. " le véritable thème de la pièce, écrit genet, c'est l'illusion " : tout est faux. et, en même temps, tout est vrai : la mythologie du bordel exprime la puissance sexuelle, le débordement de la jouissance. le bordel offre à quelques médiocres une existence d'emprunt. dans cette pièce vertigineuse, où chaque scène que l'on croyait réelle devient à son tour illusoire, le balcon symbolise le théâtre même de genet où tout est langage et poésie.

    Sur commande
  • Originellement, cet ouvrage devait constituer l'introduction aux oeuvres complètes de Jean Genet. Il est très vite devenu une réflexion autonome, qui, à partir du cas de l'écrivain, s'ouvre à d'autres horizons, méthodologiques, critiques et philosophiques. Jean-Paul Sartre s'en est expliqué en ces termes, lors de la parution en 1952 : " Montrer les limites de l'interprétation psychanalytique et de l'explication marxiste et que seulement la liberté peut rendre compte d'une personne en sa totalité, faire voir cette liberté aux prises avec le destin d'abord écrasée par ses fatalités puis se retournant sur elle : pour les digérer peu à peu, prouver que le génie n'est pas un don mais l'issue qu'on invente dans les cas désespérés, retrouver le choix qu'un écrivain fait de lui-même, de sa vie et du sens de l'univers jusque dans les caractères formels de son style et de sa composition jusque dans la structure de ses images, et dans la particularité de se goûts, retracer en détail l'histoire d'une libération : voilà ce que j'ai voulu ; le lecteur dira si j'ai réussi ".

  • Tahar Ben Jelloun nous livre ici le récit de douze années de rencontres avec Jean Genet. En 1974, l'homme n'a plus grand-chose en commun avec l'écrivain-voleur mythique, saint et martyr. Il a coupé les ponts avec Sartre et Cocteau et se passionne pour les luttes révolutionnaires les plus contemporaines : Zengakuren japonais, Black Panthers américains, cause palestinienne.

    Les années qui suivent sont marquées par des doutes et une fragilité dont Tahar Ben Jelloun est aussi le témoin. Genet est un homme gravement malade qui met ses dernières forces dans l'écriture d'Un captif amoureux.

    Les fulgurances des conversations et les nombreuses anecdotes que recèlent ces souvenirs jettent un jour nouveau sur un écrivain souvent mal compris. On y retrouve aussi toute la force et l'urgence des débats politiques et intellectuels du tournant des années quatre-vingt.

    Sur commande
  • Jean Genet n'est pas seulement le plus grand prosateur français de l'après-guerre, l'héritier pervers de Chateaubriand et de Rimbaud, l'homme qui imposa la mythologie des assassins enchanteurs, des grands macs inflexibles et des divines.
    Cinéaste - mais aussi scénariste, théoricien - Genet a produit une oeuvre rare, provocante, clandestine qui émerge peu à peu depuis sa mort en 1986 : «Il est étrange de constater, écrit Edmund White dans la préface, que Genet a pensé au cinéma tout au long de sa carrière d'écrivain. Il a écrit plus de pages de scénarios que de toute autre littérature.» À lire l'ouvrage de Jane Giles, on s'apercevra que le cinéma, première culture de Genet adolescent, est au coeur de ses procédures d'écrivain, et que quantité de constructions dans Notre-Dame-des-Fleurs ou Miracle de la rose - montages alternés, flash-backs, détails - en sont issues.
    Pour Edmund White, «Un Chant d'amour, le seul film écrit et réalisé par Genet, dévoile sous leur forme pure les techniques qu'il a utilisées dans ses romans et ses pièces de théâtre.»

  • Quatre Heures à Chatila, texte politique, littéraire, en gestation du Captif amoureux, est un écrit inclassable, un reportage terrifiant et distancié relatant les massacres du camp de Chatila au Liban, illustration d'une des plus grandes injustices du monde moderne.

    La présente édition, en français et en arabe, est suivie d'un entretien réalisé en 1991 avec Leila Shahid, qui témoigne avec clarté de ces événements tragiques de 1982, du combat toujours vivace des Palestiniens, femmes et hommes, celui de Jean Genet et de son retour à l'écriture, à la vie.

  • Les voix de spécialistes de la littérature, du cinéma et de l'histoire de l'art s'assemblent pour rendre hommage à celui qui a bouleversé le paysage littéraire et artistique français, un artiste total pour qui « donner un chant à ce qui était muet » reste le plus bel acte créatif.
    « Je ne peux dire la vérité qu'en art » Romancier, homme de théâtre, poète, essayiste, cinéaste, Jean Genet témoigne d'un intérêt passionné pour les arts visuels. Figure de l'écart, du détournement, paria institutionnalisé, Jean Genet a reçu un certain nombre d'hommages auprès des institutions pour le centenaire de sa naissance. Dans ce livre tiré d'un colloque international, des écrivains, des metteurs en scène, des artistes et des universitaires ont permis de faire revivre une oeuvre qui ne cesse d'interroger les arts, déployant un imaginaire qui puise dans la peinture, la sculpture, le dessin, le cinéma, la photographie et la littérature.

  • Jean Genet voit le jour en 1910, de père inconnu. Sa mère, Gabrielle, sept mois après, l'abandonne. Très tôt Genet rencontra ainsi l'abjection. Entre 1942 et 1947, il écrit tous ses romans, tous ses poèmes, et deux pièces de théâtre : Haute surveillance, Les Bonnes. Puis, pendant une longue période de six ans, Genet se tait (ou presque). Il traverse une « crise grave », comme disent ses biogra­phes. C'est seulement en 1955 qu'il retrouve sa créativité. En l'espace de deux ans, il écrit ses trois longues pièces : Le Balcon, Les Nègres, son chef-d'oeuvre : Les Paravents et ses deux plus percutants essais : L'Atelier d'Alberto Giacometti et Le funambule. En 1961, seront disponibles pour le public Les Paravents lon­guement repris et modifiés. Ils seront la dernière oeuvre publiée par Genet de son vivant. Il mourra, vingt-cinq ans plus tard, en avril 1986. De façon posthume sera publié Le Captif amoureux.
    Le théâtre de Genet n'est pas un ; il y a les pièces d'avant sa crise grave et celles d'après. Tous les biographes et commentateurs de Genet sont d'accord : ce silence des années 1949-1955 est essentiel. C'est la fin du premier Genet - le Genet des fictions autobiographiques, le Genet esthète et dandy - et le début d'un autre : le Genet dra­maturge et théoricien (de l'art, du théâtre) - c'est le Genet « clochard supérieur », le Genet anéanti dans son travail et requérant le strict anonymat, le Genet défenseur des causes perdues.
    C'est ce Genet multiple que ce livre, voulu bref et vif, a vocation à faire surgir derrière les imageries trop souvent attachées à sa personne.

  • Au seuil du paradis est une invitation au voyage en compagnie des peintres aimés mais aussi une promenade au pays de l'enfance et des premiers émois artistiques.
    Tahar ben Jelloun fait ici son autoportrait en amateur d'art, de musique, de cinéma, autrement dit en homme qui privilégie la sensibilité et l'émotion face au travail de l'artiste. Qu'il évoque Giacometti, Delacroix, son ami le regretté Claudio Bravo, mort durant l'écriture de ce livre, Jean Genet et bien d'autres, Tahar ben Jelloun nous fait pénétrer dans l'intimité de son regard, dans celui de ses parents, de ses proches qui entretenaient avec l'artisanat, avec l'art, une relation familière et simple.
    Beauté du geste de la brodeuse, du potier, du sculpteur, du peintre, des caractères noirs sur la page blanche... Les lignes de l'écriture sont poèmes et dessins. L'enchantement des images, promesse de paradis.

  • Écrire sur Genet est peut-être encore une façon de poursuivre le voleur.
    Ce vieux désir d'arrestation qui anime toujours les entreprises critiques ou biographiques, comment ne serait-il pas exacerbé par le statut d'un écrivain en perpétuelle fuite, échappant toujours à ses propres images, vagabond littéraire " sans profession " ni " domicile fixe " - comme disent si bien, à son propos, les divers rapports de police ou minutes de jugement que vous lirez ici ? Ace soupçon, ce livre, d'évidence, ne saurait se dérober.
    Il offre à la lecture les résultats d'une enquête menée, avec une patience bénédictine, sur les traces de Genet de sa naissance en 1910 jusqu'à sa sortie définitive de prison en 1944. Enquête non policière cependant : elle ne s'érige nullement en instance de vérité, ne donne lieu à aucune interprétation, ne tire aucune conclusion. Avec le moins de commentaires possible, elle livre les éléments et les pièces de la dernière fiction de l'auteur : celle de sa vie.
    Dernière précision. Ce livre ne vise guère à la destruction de la " légende " dont Genet se serait entouré et encore moins au rétablissement d'une vérité dont l'oeuvre serait le masque. Si elle existe, cette " légende " a la forme exacte de l'oeuvre qui la développe et, en cela, demeure irréductible, échappe à toute révélation.

empty