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Thierry Gillyboeuf

  • C'est peut-être Flaubert qui, implicitement, a donné la meilleure définition de l'érotisme quand, à la fin de L'Éducation sentimentale, le jeune Frédéric Moreau monte l'escalier. Car l'érotisme, ce n'est pas la consommation des corps, ce n'est pas l'étreinte charnelle. C'est tout ce qui précède, tout ce qui y conduit. Cette montée du désir. Sa sublimation avec toutes les visions fantasmées qui l'irriguent. C'est le corps sans corps. Il procède de l'imagination et se dissipe dans sa propre réalisation. L'érotisme, ce n'est pas voir mais donner à voir. Ce n'est pas montrer mais évoquer. Longtemps, dans son expression poétique, l'érotisme a été l'apanage des hommes, grands prêtres de l'odor di femina. Les blasons du corps féminins en constituent l'une des plus belles réussites.
    Mais des voix de femmes se sont aussi approprié l'érotisme.
    Elles ont su chanter leur propre désir et celui qu'elles inspirent. Chez Martial, Pierre de Ronsard, Lalla Romano ou David Herbert Lawrence, pour n'en citer que quelques-uns, ce sont les mots qui viennent ainsi donner chair à la religion érotique du corps aimé ou désiré.
    Réunissant un choix de poèmes parus dans l'emblématique collection bilingue de poche « Orphée », « La Tête d'Orphée » inaugure une série d'anthologies thématiques et illustrées, dont les deux premières sur l'érotisme et le vin. « Orphée » compte, à ce jour, 239 titres d'auteurs de langues du monde entier (persan, tchèque, gaélique, portugais, malais, coréen, suédois, espagnol, japonais etc.). C'est parmi l'ensemble de ces ouvrages que Thierry Gilliboeuf a sélectionné des poèmes érotiques, qui ont été illustrés par Adonis, que certains considèrent comme le plus grand poète vivant.

  • L'écrivain roumain Virgil Gheorghiu (1916-1992) est sans conteste une des grandes voix de la littérature du XXe siècle. Lorsque paraît en 1949, en français, La Vingt-cinquième Heure, l'onde de choc de ce roman est si puissante, la dénonciation de la déshumanisation engendrée par les sociétés modernes, si pertinente qu'elle engendre des jalousies et une riposte sous forme de cabale montée par Les Lettres françaises en 1953 sous la plume de Francis Crémieux. Incapable de se défendre, il devient un écrivain au passé douteux et controversé. Ces calomnies pèsent encore d'une façon souterraine sur son oeuvre réduite le plus souvent à ce seul livre.
    L'essai biographique de Thierry Gillyboeuf revient sur la genèse de l'oeuvre et en montre l'étendue et la richesse. Il sert d'introduction à la republication des oeuvres indisponibles de Gheorghiu que La Différence entame avec la réédition du roman Les Sacrifiés du Danube.

  • L´oeuvre et la pensée de H.D.Thoreau semblent devoir éternellement se résumer à ses deux textes les plus célèbres, Walden ou la vie dans les bois et La Désobéissance civile, occultant un parcours riche et complexe. Au risque d´écorner l´image d´Epinal que s´en est fait la postérité, cette biographie française du grand écrivain de la Nature se propose de révéler les aspects les moins connus de sa vie et de sa réflexion qui, loin d´en souffrir, s´en trouveront au contraire rehaussées de cet éclairage nouveau. Pur produit de son époque, Thoreau fut un esprit libre, mais en bon transcendantal qui se respecte, il se faisait avant tout le chantre d´une liberté individuelle..., ce qui ne l´empêcha pas de s´engager activement dans la lutte contre l´esclavage. Il ne fut pas non plus cet ermite vivant dans sa cabane au milieu des bois, mais un homme qui entretint sa vie durant une relation panthéiste avec la Nature fortement nourrie de son admiration pour la culture amérindienne. Auteur d´un immense journal de 8000 pages qui reste à découvrir en France et qui constitue sans doute l´une des oeuvres maîtresses de la littérature américaine, ami de Ralph Waldo Emerson, le théoricien du Transcendantalisme, de Nathaniel Hawthorne ou de Walt Whitman, nourri de littérature classique et de philosophie orientale, éternel célibataire et solitaire, mais aux amitiés masculines et féminines innombrables, brillant conférencier, arpenteur inlassable des environs de son village natal, Thoreau concentre en lui cette indépendance intemporelle et cet appel du Wild qui constituent l´âme de la nation américaine.

  • Remy de Gourmont (1858-1915), épicurien tranquille, prince des sceptiques, conscience critique d'une génération, linguiste raffiné, poète subtil et sensible, dissociateur d'idées, sensuel cérébral, pilier du Mercure de France et célèbre reclus curieux de tout, est l'auteur d'une ..uvre aussi abondante que variée.
    Dans une esthétique personnelle fondée sur la langue où les mots par leur rareté, leur musicalité, leur « corps » sont le véhicule des idées, il a puisé toute la liberté, l'originalité et la profondeur de sa pensée, toute l'élégance, la richesse et la sensibilité de son écriture.
    Délicatement, mais irréversiblement, se produit ce miracle que dès qu'on lit Remy de Gourmont, dès qu'on se prend à aimer son intelligence ironique et poétique, on devient gourmontien, car il est de ces « classiques singuliers et comme souterrains qui sont la véritable vie de la littérature française ». Cette silhouette littéraire, outre une approche biographique et une lecture amoureuse de son ..uvre, s'enrichit d'une iconographie abondante et d'un choix riche et varié de textes rares voire inédits.
    Remy de Gourmont a été une figure essentielle de la vie littéraire française au tournant de ce siècle. Poète, romancier, critique et essayiste, il a laissé une oeuvre importante aussi bien par sa quantité que par sa qualité. On ne devrait pas cesser de le redécouvrir.

  • Michel butor

    Thierry Gillyboeuf

    Une silhouette Littéraire : Michel Butor. Quoiqu'il ait abandonné ce genre depuis près de cinquante ans, Michel Butor est toujours considéré aujourd'hui, par commodité, comme une figure du Nouveau Roman. C'est pourtant là une approche très réductrice de l'oeuvre étourdissante et labyrinthique de ce polygraphe enthousiaste et touche-à-tout dont on vient de célébrer le quatre-vingtième anniversaire, à travers, entre autres, une exposition et un colloque à la Bibliothèque Nationale, et la publication de ses oeuvres complètes. Avec Butor, dont la bibliographie complète et détaillée constituerait à elle seule un imposant volume, la notion classique de livre devient totalement caduque. Il n'a eu de cesse en effet de trouver ou d'inventer de nouveaux supports à même d'accueillir l'écrit, à travers d'innombrables collaborations avec peintres, musiciens et plasticiens. Poète, critique, narrateur, essayiste, voyageur, explorateur, Michel Butor est l'auteur d'une oeuvre inclassable, fascinante, en perpétuel mouvement et inlassablement curieuse de tout et de tous.

    Thierry Gillyboeuf est déjà l'auteur aux Editions La Part Commune d'un ouvrage consacré à Georges Perros, dans la même collection.

  • Georges Perros lui-même se considérait comme un voyageur en transit, entre deux trains ou sur un quai de gare.
    Il est resté toute sa vie cet " étonné d'être là ", qui ne se remet pas d'être né sans l'avoir voulu, d'où le besoin d'habiter les coulisses, celles de l'existence comme celles de l'écriture, où il n'est jamais possible de tricher, où l'on se sent passer par soi pour " être vécu ". Hanté par le taciturne goût de vivre, Perros est un " homme de l'être " dont l'oeuvre, à la fois en retrait et à l'affût, est avant tout une extraordinaire et exigeante sollicitation de l'autre.
    Cette silhouette littéraire entre biographie et lecture amoureuse propose un portrait inédit et fervent de l'auteur des Papiers collés qui avait fait de la marge un lieu de vie et d'écriture.

  • Dans ses romans (Le Pont du Roi St Louis) comme dans son théâtre (De Justesse, Notre Ville), Thornton Wilder (1897-1975) traque à sa manière la " figure dans le tapis " (H.
    James), pour en trouver le sens ultime. Maître de l'anachronisme, il abolit le temps qui n'obéit plus à une linéarité chronologique mais se présente comme un espace multidimensionnel, dont Wilder se propose de restituer le mouvement. Imprégné de la culture classique européenne, c'est aussi un novateur qui, à la manière de ses inspirateurs (Cervantès, Twain, Proust ou Joyce), sonde le mystère de la destinée humaine.

  • De tout temps, le vin a été omniprésent dans l'histoire des hommes. On le croise aussi bien dans les poèmes de l'Antiquité, les premières épopées que dans les textes sacrés, où il est tantôt décrié tantôt exalté. Il peut être synonyme de péché - l'ivresse de Noé - ou de miracle - les noces de Canaa - jusqu'à prendre valeur de sang christique. Les poètes y ont puisé l'inspiration ; ils y ont trouvé l'euphorie ou la consolation. Car le vin provoque aussi bien l'oubli que la mélancolie. Il attise ces deux polarités de la nature humaine que sont le chagrin et l'allégresse. D'Anacréon à Omar Khayyam, de Du Fu à Tristan Corbière, de Horace à Charles Baudelaire, les poètes ont chanté le vin, à la fois muse et compagnon d'infortune. Et ils en ont célébré les effluves capiteux dans l'ivresse des mots.
    Réunissant un choix de poèmes parus dans l'emblématique collection bilingue de poche « Orphée », « La Tête d'Orphée » inaugure une série d'anthologies thématiques et illustrées, dont les deux premières sur l'érotisme et le vin. « Orphée » compte, à ce jour, 239 titres d'auteurs de langues du monde entier (Persan, Tchèque, Gaélique, portugais, Malais, Coréen, suédois, espagnol, japonais etc.). C'est parmi l'ensemble de ces ouvrages que Thierry Gilliboeuf a sélectionné des poèmes sur le vin, qui ont été illustrés par Abdellatif Laâbi.

  • Remy de Gourmont (1858-1915) est une figure littéraire majeure, à la fois poète, romancier, journaliste multipliant les collaborations aux périodiques, essayiste infatigable et prolifique. Son oeuvre demeure toujours aussi pertinente par le regard critique qu'il pose sur la société.

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