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Impeccables

  • Une langue alerte, joueuse, portée par le suprême orgueil du style. Douze nouvelles, chacune d'elles située en un temps distinct, une période de l'histoire comprise entre la fin de l'Antiquité et l'époque contemporaine. L'ensemble forme la dite filière tissant le canevas des liens révélant les plagiats, réels ou supposés, de l'utopiste et poète français Alphonse Esquiros (1812 - 1876), romantique socialiste admiré de Victor Hugo, auteur du Magicien (le plus connu de ses livres), de L'Evangile du peuple, d'une Histoire des Montagnards... On y voit comment certains plagiaires par anticipation, nés à l'époque du Khan, sont demeurés inconscients de leur dette à l'égard du poète du XIXe siècle. Plonger dans la filière revient à chevaucher une conception du temps qui, sous la plume du poète, redevient cet enfant hilare jouant aux dés.

  • Pour s'arracher aux limites, au tassement des sensations et des aspirations. Pour atteindre la pensée, l'espace de sa formulation, sa texture dans un champ de présences ineffables où se tisse le jeu des apparences. Loin de la poésie des petits décomptes réalistes, loin des pensées rationnellement éduquées qui pendent en lambeaux sur le monde, Le Gai Désastre ne vise pas un ordre représentatif mais les mouvements d'éclosion de l'être, leurs atolls, leurs intervalles, leurs échappées. Il atteint ce que la philosophie n'a jamais su reprendre à la poésie : sa nature de pure pensée en émanation, sa genèse par germinations lentes, par fulgurations ; ses replis et débords qui se vivent et s'ouvrent à même la chair. Le Gai Désastre fut publié une première fois en 1980 (aux éditions Christian Bourgois), mais il est radioactivement de 2012, de la vingt-septième dynastie Perse achéménide, ou contemporain à venir de + 3704. Pour atomiser les fondements illusoires du principe d'identité. Pour relancer avec grand style l'énigme éternelle de l'impermanence, de l'être, du langage

  • Epopopoèmémés

    Sanda Voica

    Présenté sous l'aspect trompeur d'un journal de notations quasi-quotidiennes, cet ensemble de poèmes, volontairement inachevé, compose en réalité une forme d'épopée, avec toutes ses évolutions et circonvolutions, ses retournements et atermoiements, habitée par la conscience d'un pari lancé à soi-même : écrire TOUT, au fil des jours. Alors l'épique, roulant entre une forme de pure saisie phénoménologique et un absurde « à la roumaine », roulant entre la sensualité du corps et l'ennui des jours, entre le littéraire très référencé et le quotidien cru, - l'épique donc, permet de « piquer » la chair du temps. Epopopoèmémés nous fait ainsi traverser l'expérience « Sanda Voïca » comme une sorte de nouvelle vérité poétique, inconnue de la sorte en France.

  • Les Carnets d'Icare, c'est d'abord le voyage en Grèce d'une femme, la narratrice, et de sa fille Ella, au printemps 2009. Placées par la grâce au centre du temps, elles traversent un fragment du monde, comme des voyantes. Elles rencontrent des hommes, des femmes, et la réalité politique du pays. L'errance dans Athènes puis le voyage en mer de la narratrice répondent alors peut-être à cette question : pourquoi, dans notre civilisation occidentale, Icare est-il considéré comme le premier homme qui a volé, alors que c'est le premier homme qui a chuté ? Comment cet échec est-il devenu, pour nous, le mythe de l'exploit ? Dans une langue simple, sensuelle, ce récit déploie ainsi la trajectoire, entre douceur et violence, entre intime et universel, de ce qu'on pourrait appeler l'expérience de la souveraineté. Parce qu'il a le don mêlé de l'évidence et du mystère, il nous suggère cela : la magnificence muette des choses invite à explorer jusqu'au vertige les limites des signes humains.

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